Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Ma Réflexion Sur Le Budget 2026, La Justice Fiscale Et Le Théâtre Politique

L’Art Délicat Du Don Patriotique

Ou Comment La République Fait Ses Comptes Avec Le Sourire Aux Lèvres

J’ai toujours cru que la fiscalité, c’était un peu comme un repas de famille. Tout le monde vient avec son plat, mais certain·e·s arrivent les mains vides et repartent avec les restes. Cette année, la table de la République s’annonce bien garnie : le budget 2026 se mijote entre chantage, morale et stratégie, un vrai banquet de contradictions (où le dessert pourrait bien exploser avant la fin du repas).

Le Parti socialiste réclame que les plus fortuné·e·s paient davantage, via cette fameuse taxe Zucman, censée ajouter une pincée d’équité dans la soupe budgétaire. Pendant ce temps, le gouvernement, pour éviter que le dîner tourne à la bagarre, promet de ne pas sortir le fameux 49.3, cet ustensile magique qui coupe court aux débats. Le Premier ministre, solennel, jure qu’il n’en usera point ; promesse ou mirage ? Difficile à dire, tant la salle sent déjà la tension et le gratin brûlé.

Je regarde ce théâtre fiscal avec un mélange de fascination et d’effroi. L’idée de faire contribuer davantage celleux qui possèdent le plus me semble aussi naturelle que de payer son ticket de métro. Pourtant, chaque fois qu’on évoque cette justice fiscale, on dirait qu’un vent glacé souffle dans les salons dorés. « Chacun doit contribuer à la hauteur de ce qu’il peut. C’est pour ça que nous défendons la taxe Zucman ». Olivier Faure. Une phrase qui sonne comme une évidence et qui, pourtant, déclenche des tempêtes politiques. (Je me demande souvent pourquoi l’évidence est toujours la plus mal reçue des invitées.)

Dans toute la France, les écoles attendent des rénovations, les hôpitaux manquent de personnel, et les bus roulent avec l’allure d’un escargot fatigué. Pendant ce temps, on débat pour savoir si un milliardaire pourrait se priver d’un yacht supplémentaire. Le contraste est presque comique, si l’on oublie qu’il est tragique.

Au Palais Bourbon, la scène ressemble à une pièce de boulevard : le PS brandit la menace de censure comme un pistolet à eau, le bloc central hausse les épaules, et les Républicains calculent combien de sièges pourraient tomber si tout venait à s’effondrer. (On croirait presque à une répétition générale d’une comédie politique : tout le monde joue sérieux, mais personne n’y croit vraiment.) Pourtant, derrière la farce, une inquiétude sourde persiste : et si le rideau tombait ? Et si, à force de menaces, on finissait par dissoudre l’Assemblée nationale ? Dissoudre, le mot est joli : il évoque un sucre dans le café, mais c’est souvent la démocratie qui se dilue.

L’idée d’une dissolution plane comme une ombre, prête à fondre sur la scène politique française. Elle rappelle ces tragédies classiques où le héros s’enferre dans ses propres serments. Les précédents sont là : chaque fois qu’un gouvernement tombe, c’est le pays qui retient son souffle, les citoyen·ne·s qui attendent que la poussière retombe. (Mais dans cette attente, les urgences sociales continuent, elles, de courir sans souffle.)

Mes valeurs me poussent à croire qu’il existe toujours un chemin entre la justice et la prudence, entre la réforme et la stabilité. On peut rire de la pièce sans en nier la gravité : c’est ce que j’essaie de faire, comme spectatrice d’une République qui improvise son texte. Peut-être que la démocratie n’est pas un drame à résoudre, mais une répétition permanente, avec des acteurs et actrices qui, parfois, oublient leurs répliques.

Le budget 2026 n’est pas seulement une question de chiffres : c’est une histoire de confiance, de justice et de courage. Rire pour ne pas pleurer, telle est notre discipline nationale. Alors, en attendant le prochain rebondissement, je choisis de croire qu’une société plus équitable peut encore s’écrire – même entre deux éclats de rire.

Références

  1. Déclarations publiques du Premier ministre sur le budget 2026, octobre 2025.
  2. Propositions du Parti socialiste sur la taxe Zucman, septembre 2025.
  3. Débats parlementaires sur le renoncement au 49.3, octobre 2025.
  4. Analyses économiques sur la redistribution et la fiscalité progressive, 2025.

En savoir plus sur Les petits billets de Letizia

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire