Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Quand La République Se Fait Dogme

Quand La République Se Fait Dogme

Ma Réflexion Sur Laïcité, Foi Et Liberté

Analyse des dérives de la laïcité et de son rôle dans la liberté de conscience et le vivre-ensemble

J’ai grandi dans un environnement où la religion se murmurait comme une évidence. Pourtant, très tôt, j’ai ressenti ce malaise que provoque toute vérité présentée comme indiscutable.

(Je me souviens du silence gêné de mon institutrice lorsque j’ai demandé pourquoi Dieu punissait ceux qui doutaient.)

Ce jour-là, sans le savoir, j’ai compris que le doute n’était pas un défaut, mais une liberté. Être laïque et agnostique, pour moi, n’a jamais signifié mépriser celleux qui croient, mais simplement refuser qu’une croyance gouverne les consciences ou s’impose aux institutions. Comme l’écrivait Albert Camus : « Je ne crois pas en Dieu, mais je crois en l’homme ». Cette phrase résonne encore comme un manifeste d’émancipation.

La laïcité, au cœur de la promesse républicaine, devait garantir la neutralité de l’État et la liberté de chacun·e de croire ou de ne pas croire. Inspirée des Lumières, elle repose sur l’idée que la raison humaine suffit à guider l’action publique. Voltaire, dans ses combats contre le fanatisme, voyait en elle le socle d’une société éclairée : un espace où la foi appartient à la sphère intime et la citoyenneté à la raison commune. Pourtant, force est de constater que cet universalisme s’est parfois transformé en frontière. Ce qui fut conçu comme un bouclier contre l’arbitraire spirituel est devenu, pour certain·e·s, un instrument de suspicion. Les débats récents sur la laïcité en France, amplifiés par les tensions identitaires, témoignent de ce glissement : au nom de la protection des valeurs républicaines, on en vient parfois à restreindre la pluralité même que ces valeurs prétendaient défendre.

Nietzsche dénonçait déjà cette tentation de remplacer un Dieu par un autre : « Les convictions sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges ». Lorsque la République se mue en dogme, lorsqu’elle se dresse comme vérité absolue au lieu de rester cadre de liberté, elle trahit son esprit. Dans l’histoire récente, certaines politiques publiques, pourtant animées d’intentions louables, ont révélé cette dérive. En cherchant à contrôler, réguler ou certifier la conformité « républicaine » d’associations ou de pratiques sociales, l’État risque de reproduire le geste même des institutions religieuses qu’il prétendait dépasser : définir le bien, le mal, et ce qu’il faut penser pour appartenir à la communauté civique.

(Je ne crois pas que la laïcité soit en crise ; c’est notre compréhension de sa mission qui vacille.)

Être antithéiste ne revient pas à combattre les croyants, mais à refuser l’idée qu’un récit sacré puisse servir de norme collective. En ce sens, la laïcité n’est pas une arme contre la foi, mais une main tendue à la raison. Spinoza, philosophe de la liberté, rappelait que l’intelligence humaine s’épanouit lorsqu’elle s’affranchit de la crainte : une société libre ne naît pas de la peur de Dieu, mais de la confiance en la raison.

Aujourd’hui, je rêve d’une République qui n’érige pas la laïcité en dogme mais en dialogue. Une République qui protège la diversité des convictions sans en surveiller la pureté. Loin d’être une guerre contre le religieux, la laïcité devrait être une promesse d’équité : celle de garantir à chacun·e la possibilité de vivre sans justification spirituelle imposée. Être libre, c’est aussi avoir le droit de ne pas croire, de douter, d’espérer autrement.

(Je ne crois pas en Dieu, mais je crois profondément en la liberté de ne pas y croire.)

Cette liberté-là, fragile et précieuse, fonde notre humanité partagée. Redonner à la laïcité sa dimension humaniste, c’est refuser le fanatisme sous toutes ses formes – théologiques ou politiques – et redonner à la raison la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre : celle de la lumière qui éclaire, plutôt que du feu qui brûle.

Références principales

  1. Jean Baubérot, Histoire De La Laïcité En France, 2021
  2. Albert Camus, Le Mythe De Sisyphe, 1942
  3. Friedrich Nietzsche, Par-delà Le Bien Et Le Mal, 1886
  4. Spinoza, Traité Théologico-Politique, 1670


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Une réponse à « Quand La République Se Fait Dogme »

  1. Avatar de agndoden

    Bienvenue sur mon blog si vous êtes intéressé aux sujets lumières :https://sujetlumierelight.wordpress.com/

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