Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Effort Et Motivation : Comment Dépasser Notre Tendance Naturelle À La Paresse

Ma Réflexion Sur Le Sujet

Pourquoi L’Énergie N’Est Jamais Aussi Simple Qu’Elle En A L’Air

Il m’arrive souvent, au milieu d’une séance de sport ou d’une journée particulièrement dense, de me demander « qu’est-ce que je fous ici ? » (question qui me traverse parfois lorsque l’effort se fait intense). Cette interrogation, loin d’être un aveu de faiblesse, révèle au contraire un phénomène profondément humain : nous sommes toustes attiré·e·s par les bénéfices de l’effort, mais spontanément réticent·e·s à le fournir. Comprendre ce paradoxe, c’est se donner les moyens d’avancer avec plus de conscience, de bienveillance et d’équilibre.

Les neurosciences montrent que notre cerveau évalue constamment le rapport entre coût et bénéfice : dépenser de l’énergie n’est jamais neutre, et il cherche naturellement à économiser ses ressources. Pourtant, des études démontrent aussi que l’effort augmente la valeur subjective de ce que nous obtenons, comme si chaque pas difficile gravé dans la mémoire rendait la victoire plus précieuse (mécanisme connu sous le nom de justification par l’effort). Je me reconnais profondément dans cette dynamique : l’effort me pèse parfois, mais il donne aussi sens à mes accomplissements. Comme le disait William James, « L’action ne garantit pas le bonheur, mais il n’y a pas de bonheur sans action » (citation qui résonne particulièrement avec l’idée d’élan intérieur).

Si nous peinons à nous mettre en mouvement, ce n’est donc pas uniquement une affaire de volonté. Nos biais cognitifs influencent nos décisions : nous dévalorisons souvent une activité dès qu’elle semble demander trop d’énergie, et nous redoutons plus l’effort anticipé que l’effort réel. Ce mécanisme peut nous maintenir dans un immobilisme inconfortable. Pourtant, quelques stratégies simples permettent de contourner ces blocages. L’une des plus efficaces consiste à réduire l’effort initial : commencer par un geste infime, un micro-démarrage, qui lève l’inertie. Une minute de marche, quelques respirations avant d’écrire, un simple rangement avant de s’attaquer à un grand nettoyage. Ces petites portes d’entrée créent l’élan nécessaire pour enclencher un mouvement plus durable.

Transformer l’effort en expérience gratifiante demande aussi de repenser notre rapport au plaisir. Je crois profondément que célébrer chaque étape, même minuscule, change notre perception de l’effort : l’attention se déplace du résultat vers le chemin parcouru. Introduire de la gamification dans son quotidien peut aider : noter ses progrès, ritualiser les moments difficiles, créer un défi ludique avec soi-même. Les études en psychologie motivationnelle montrent que ces renforcements positifs stimulent les circuits cérébraux de la récompense (notamment les voies dopaminergiques associées à la motivation).

Mais il serait réducteur de croire que tout repose sur l’individu. Notre environnement influence profondément notre comportement. Les ascenseurs omniprésents, les applications qui automatisent tout, les objets du quotidien pensés pour réduire l’effort favorisent malgré nous la sédentarité. Des politiques publiques plus ambitieuses pourraient nous encourager à bouger davantage : rendre les escaliers visibles et attractifs, aménager des espaces urbains pensés pour l’activité physique légère, intégrer la valorisation de l’effort dans les programmes éducatifs. Encourager l’effort sans culpabiliser, voilà un équilibre essentiel.

Prendre soin de soi n’est pas un luxe : c’est un geste de lucidité intérieure. L’effort n’a pas besoin d’être héroïque pour être transformateur. Chacun·e peut commencer là où iel est, avec ses forces, ses limites et ses aspirations. Je crois profondément que l’effort redevient désirable lorsqu’il s’aligne avec nos valeurs, qu’il nous rapproche de qui nous souhaitons devenir.

Je vous invite à tenter un micro-démarrage cette semaine : un petit pas, modeste mais sincère. C’est souvent lui qui ouvre la porte aux grandes métamorphoses (et qui rappelle que l’effort est un compagnon, pas un adversaire).


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