Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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L’Invention Humaine Du Divin

L’Invention Humaine Du Divin

Ma Réflexion Sur La Liberté De Conscience

Pourquoi J’interroge La Notion De Dieu

Entre la foi aveugle et le scepticisme lucide, je choisis le doute éclairé. Si j’écris aujourd’hui, c’est parce que je suis convaincue que l’humanité n’a pas besoin de porte-parole des dieux pour être morale, seulement de conscience. Cette conviction ne procède ni d’une révolte contre la spiritualité, ni d’un mépris envers celleux qui croient, mais d’un attachement profond à la liberté intérieure, à la lucidité et à l’examen critique des récits qui façonnent nos vies.

Je ne peux ignorer que l’idée de Dieu a toujours accompagné l’histoire humaine. Elle a structuré les sociétés, régi les lois, nourri les arts. Mais cette omniprésence n’est pas une preuve ; elle est un fait culturel. Les travaux de nombreuses disciplines convergent pour montrer que les croyances religieuses se construisent au croisement du besoin d’explication, de l’angoisse existentielle et de la quête de cohésion sociale. Albert Einstein lui-même écrivait que « le mot Dieu n’est pour moi rien d’autre que l’expression et le produit des faiblesses humaines », une phrase qui, loin de mépriser la condition humaine, invite à reconnaître nos fragilités pour mieux les comprendre.

Lorsque je relis l’histoire des religions, je constate un processus récurrent : une idée, un prophète, un groupe restreint, puis une institution qui codifie, administre et parfois instrumentalise la croyance. Les leaders charismatiques apparaissent alors comme des figures de médiation, capables de transformer une intuition personnelle en certitude collective. Il ne s’agit pas ici de juger leurs intentions, mais de reconnaître la mécanique sociale à l’œuvre. Des historien·ne·s expliquent comment, à travers le temps, un récit sacralisé devient un outil politique permettant à un pouvoir de se légitimer ou de consolider son autorité. L’exemple bien connu de la conversion d’un empereur qui fait d’une foi minoritaire une religion d’État illustre cette dynamique de manière frappante.

Cette observation nourrit ma position antithéiste : je conteste la légitimité des religions lorsqu’elles s’imposent dans la sphère publique, dictent des normes ou prétendent monopoliser la morale. Non par hostilité envers les croyant·e·s, mais par refus des autorités qui s’autoproclament dépositaires du vrai. La morale n’a jamais eu besoin d’être sanctifiée pour exister. Comme l’affirmait Bertrand Russell, « ce qui a besoin d’être prouvé ne mérite pas qu’on y croie », et j’entends cette phrase non comme une injonction de mépris, mais comme un appel à la dignité intellectuelle.

Je demeure agnostique, car je reconnais la limite de mon savoir. Je ne sais pas ce qu’il y a au-delà du monde sensible, et je me méfie de celleux qui disent savoir. Mon doute n’est pas un renoncement ; il est une manière d’habiter le monde avec humilité. Il ouvre un espace où la laïcité trouve naturellement sa place : celle d’un cadre qui protège la pensée, garantit la pluralité et évite que quiconque ne s’arroge le privilège de parler au nom du sacré.

Je crois profondément que la conscience humaine, lorsqu’elle se confronte à elle-même sans béquilles métaphysiques, peut produire une éthique plus universelle que n’importe quel dogme. Une éthique fondée sur la responsabilité, la compassion, la lucidité et le refus des dominations. Une éthique qui ne requiert ni miracle, ni révélation, mais simplement une vigilance intérieure et un engagement envers la justice.

En refermant cet article, je souhaite ouvrir un espace de discussion : que cherchons-nous vraiment lorsque nous cherchons Dieu ? Un ordre cosmique ? Une consolation ? Ou bien une structure sur laquelle appuyer nos peurs et nos espoirs ? Je préfère, quant à moi, une humanité qui s’assume, qui doute, qui avance par elle-même. Une humanité qui se sait seule, mais ensemble, dans un monde qu’elle doit apprendre à habiter avec discernement et courage.

Sources :

  1. Histoire Du Scepticisme Religieux, 2018
  2. La Pensée Libre Et Ses Sources, 2020
  3. Éthique Sans Dogmes, 2022
  4. Sociologie Des Croyances Et Du Sacré, 2019

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