Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Ma Boussole Intérieure Dans Un Monde Qui S’égare

Ma Boussole Intérieure Dans Un Monde Qui S’égare

Pourquoi Nos Valeurs Sont Devenues Un Acte De Résistance

Comment Réapprendre À Dire Non

Je l’affirme d’emblée : à l’heure où la confusion règne, où l’information se transforme trop vite en bruit, affirmer ses valeurs ressemble de plus en plus à un acte de résistance. J’observe autour de moi une société qui cherche des repères tout en se méfiant de ceux qui en proposent. Et pourtant, ne pas choisir, c’est déjà se soumettre. Comme le rappelait Hannah Arendt : « La liberté commence là où commence la responsabilité ». Cette phrase me poursuit, parce qu’elle dit l’essentiel : nous ne tenons debout qu’en assumant ce qui nous fait tenir.

Chaque jour, je vois les tensions s’aiguiser : fracture sociale, dérèglement climatique, fatigue démocratique. On nous invite à relativiser, à « comprendre tous les points de vue », à accepter le compromis permanent. Je n’ai rien contre la nuance, au contraire ; mais je refuse qu’elle serve de paravent à la lâcheté politique. L’enjeu n’est plus de prétendre être neutre ; l’enjeu est de rester humaine. Lorsque je défends la solidarité, l’égalité réelle, la dignité accordée à chacun·e, je ne le fais pas « par simple idéalisation humaniste », mais parce que c’est la seule voie qui me semble encore tenable si nous voulons avancer collectivement.

Je mesure aussi combien nos dilemmes sont façonnés par des récits dominants. Des experts et expertes expliquent que la crise écologique impose des sacrifices individuels, comme si la sobriété était d’abord une vertu privée et non une responsabilité structurelle. Des études récentes montrent pourtant que l’impact des politiques publiques pèse bien plus lourd que les micro-gestes, aussi vertueux soient-ils. C’est précisément là que mes valeurs entrent en collision avec l’air du temps : je ne crois pas au fatalisme. Je refuse l’idée que nous serions condamné·e·s à subir. Je crois en notre capacité collective à réinventer.

Bien sûr, on pourrait m’objecter qu’il est facile de défendre des principes lorsque l’on écrit derrière un clavier. Mais ce serait oublier que les valeurs ne sont jamais des abstractions. Elles s’inscrivent dans des choix concrets, parfois inconfortables : dire non à l’injustice alors que tout pousse à détourner le regard, refuser le cynisme ambiant, défendre le vivant quand le court-termisme marchand impose sa logique. « Je me reconnais davantage dans celleux qui s’interrogent, qui doutent, qui cherchent des issues plutôt que des coupables ». Les valeurs ne sont pas des drapeaux ; ce sont des chemins.

Alors, comment tenir dans cette époque où tout semble vaciller ? En retrouvant le courage du discernement. En réaffirmant ce qui nous constitue. En acceptant que la morale ne soit pas un luxe mais un outil politique. Je veux croire que nous pouvons réapprendre à dire non : non à l’indifférence, non à la résignation, non à la déshumanisation rampante. Dire non, c’est rouvrir un espace pour le oui : celui d’une société plus juste, plus douce, plus lucide.

Je terminerai par une conviction simple : mes valeurs ne sont pas des poids. Ce sont des boussoles. Elles ne m’empêchent pas d’avancer ; elles m’évitent surtout de me perdre. Et dans un monde qui vacille, c’est peut-être la seule certitude qui vaille encore.


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