Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

, , ,

La Génération Z Face Au Pouvoir

La Génération Z Face Au Pouvoir

Génération Z et Politique : Une Mobilisation Mondiale Contre la Précarité

Comment les Réseaux Sociaux Transforment la Colère en Action Collective

Il y a des années où l’histoire hésite, puis tranche. 2025 est de celles où la jeunesse mondiale n’a plus demandé la parole : elle l’a prise. Des rues de Katmandou aux campus européens, une même énergie a traversé les frontières. Une génération longtemps décrite comme désengagée a opposé aux discours condescendants une mobilisation tenace, inventive et profondément politique. La Génération Z n’a pas seulement protesté ; elle a mis en accusation un ordre social qui ne lui promet plus rien.

Les faits sont désormais établis. Selon de nombreux travaux en sciences sociales, l’entrée dans l’âge adulte se fait aujourd’hui sous le signe de la précarité durable, du déclassement anticipé et d’une crise écologique vécue comme une dette imposée. En 2025, ces tensions ont explosé au grand jour. Des mouvements initiés par des personnes très jeunes ont contesté la corruption, l’autoritarisme et l’accaparement des ressources publiques. Les réseaux sociaux, souvent réduits à des outils de distraction, ont servi d’infrastructures politiques, permettant une organisation horizontale et une circulation rapide des mots d’ordre. Cette dynamique n’est pas marginale ; elle s’inscrit dans un moment global de remise en cause.

Ma conviction est simple et assumée. Cette politisation de la Génération Z est une chance, mais elle est aujourd’hui convoitée, instrumentalisée, parfois détournée. En France, le Rassemblement national a compris avant d’autres que cette colère pouvait être captée, simplifiée, redirigée vers des récits identitaires. La stratégie est connue : transformer une souffrance sociale réelle en ressentiment, substituer des boucs émissaires à l’analyse structurelle. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est un risque majeur.

Premier argument : les causes de la colère de la Génération Z sont fondamentalement sociales, pas culturelles. Le logement inaccessible, le travail fragmenté, les services publics affaiblis ne relèvent ni de l’immigration ni d’un prétendu déclin moral. Les sciences économiques et sociologiques convergent sur ce point. Lorsque ces luttes sont traduites en opposition entre groupes, elles perdent leur force transformatrice.

Deuxième argument : l’histoire récente montre que les mobilisations les plus fécondes sont celles qui construisent des alliances. En 2025, partout où la jeunesse a entraîné des générations plus âgées, les revendications ont gagné en légitimité. Une anecdote me revient : lors d’une manifestation étudiante, une retraitée brandissait une pancarte où l’on pouvait lire « Votre avenir est aussi le nôtre ». Cette phrase résume tout.

Troisième argument : la répression et la disqualification morale des mobilisations révèlent la peur du pouvoir face à une politisation lucide. Comme l’écrivait Hannah Arendt, « Le pouvoir naît de l’action commune ». Cette action commune, le pouvoir cherche à la fragmenter, parfois en encourageant des lectures autoritaires de la colère.

Je cultive donc l’espoir que la Génération Z en France comprenne qu’elle n’est pas condamnée à choisir entre résignation et récupération. Si elle se mobilise sur ses conditions matérielles réelles, elle sera rejointe par une majorité silencieuse devenue consciente de ses intérêts communs. La rue peut redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un espace partagé de dignité et de lutte.


En savoir plus sur Les petits billets de Letizia

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire