Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Parler De Sexualité Comme Un Geste De Protection Et De Confiance

Quand L’École Et La Famille Se Répondent

Ouvrir La Parole Pour Mieux Protéger

Il est important, de nos jours dans une société où les enfants, même très jeunes, ont accès à la pornographie en ligne très facilement, de les informer. Cette réalité n’a rien d’abstrait. Elle traverse les foyers, souvent à bas bruit, parfois dans la sidération. Le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité à l’école est une avancée nécessaire, attendue, structurante. Mais il ne peut ni ne doit se substituer à la responsabilité éducative des parents. L’école transmet, les familles accompagnent, sécurisent, humanisent. C’est dans cette alliance que se construit une véritable protection.

Parler de sexualité ne consiste pas uniquement à évoquer les risques, les interdits ou la biologie. C’est reconnaître que la sexualité traverse toute l’expérience humaine : le rapport au corps, aux émotions, à l’intimité, à l’identité, au désir et aux limites. Réduire la sexualité à la prévention serait passer à côté de sa dimension profondément relationnelle et existentielle. Informer, c’est aussi donner des repères pour comprendre ce qui est respectueux, ce qui est juste, ce qui est choisi.

Dans une société saturée d’images, souvent déformées, parfois violentes, le silence parental devient un espace que d’autres discours occupent sans nuance ni protection. La pornographie ne transmet ni la tendresse, ni la réciprocité, ni la lenteur, ni la complexité émotionnelle des relations humaines. Elle montre des corps sans histoire et des gestes sans contexte. Face à cela, la parole adulte devient un acte de rééquilibrage, une mise en sens.

Le consentement s’inscrit alors comme un pilier fondamental. « Le consentement, ce n’est pas seulement dire oui ou non, c’est pouvoir exister comme sujet de son propre corps », Gabrielle Richard. Cette phrase résume à elle seule l’enjeu éducatif. Apprendre à un enfant qu’il a le droit de dire non, qu’il a le droit de ne pas savoir, qu’il a le droit de changer d’avis, c’est déjà lui offrir une sécurité intérieure. Le consentement ne commence pas dans la sexualité adulte, il naît dans le respect quotidien des limites corporelles et émotionnelles.

Beaucoup d’adultes portent encore une gêne héritée de leur propre histoire. Reconnaître cet inconfort est un acte de lucidité, non un échec. Dire « je ne sais pas » ou « cherchons ensemble » ouvre un espace de confiance et montre qu’apprendre est un processus partagé. La transmission ne repose pas sur une expertise parfaite, mais sur une présence sincère et stable.

Les mots ont ici une importance décisive. Nommer le corps avec justesse, sans détours ni métaphores infantilisantes, protège. Cela permet de signaler une douleur, de décrire une situation, de demander de l’aide. Les mots ne sont pas indécents ; ils sont structurants. Ils redonnent au corps sa dignité et sa clarté.

Plutôt que la fameuse « grande discussion », la sexualité s’apprivoise dans une multitude de micro-échanges. Une scène de film, une publicité, une remarque entendue, une question imprévue deviennent autant de portes d’entrée. Cette pédagogie du quotidien rend la parole naturelle et accessible. Elle installe l’idée que rien n’est interdit à la réflexion, tant que le respect demeure.

Accompagner ne signifie pas tout dire ni tout exposer. Poser des limites sur son intimité adulte protège aussi l’enfant. Il est possible de parler de sexualité sans dévoiler la sienne. Cette frontière enseigne la distinction entre ouverture et intrusion, entre transmission et exhibition.

Au fond, parler de sexualité aux enfants, c’est leur offrir une boussole intérieure. Ce n’est pas contrôler leurs choix futurs, mais leur donner les moyens de choisir en conscience. C’est affirmer que leur corps leur appartient, que leurs émotions comptent, et que leurs questions méritent une écoute sans jugement.

La sexualité ne devient alors ni un tabou, ni une inquiétude permanente, mais un territoire de connaissance, de respect et de liberté intérieure. Une invitation à grandir dans la dignité plutôt que dans la peur.


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