Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Trump Manie La Peur Comme Un Instrument De Communication Politique Internationale

Entre Menaces Réelles Et Perceptions Construites

L’Économie De La Défense Au Cœur Des Tensions Contemporaines

Dans un contexte international marqué par la multiplication des déclarations offensives et des démonstrations de force de Donald Trump, la peur est devenue un ressort central du discours politique. Depuis plusieurs années, certaines prises de parole de dirigeants, notamment aux États-Unis, nourrissent une perception d’instabilité durable. Cette situation interroge sur la part respective des menaces objectives et des constructions discursives destinées à peser sur l’opinion publique et sur les choix budgétaires des États.

La scène politique internationale est aujourd’hui dominée par une communication rapide, souvent spectaculaire, où l’annonce d’un risque potentiel peut avoir un effet immédiat sur les marchés, les alliances et les priorités nationales. La peur ne relève plus seulement de la sécurité, elle devient un outil stratégique de gouvernement. Cependant, il reste essentiel de distinguer les dangers avérés des effets de mise en scène politique.

Les données disponibles montrent que les conflits armés interétatiques restent limités par rapport aux décennies passées, même si les tensions géopolitiques augmentent. En revanche, les budgets militaires poursuivent leur croissance. D’après les données consolidées par des organismes spécialisés, les dépenses mondiales de défense ont dépassé les 2 200 milliards de dollars en 2024. Les États-Unis représentent à eux seuls près de 40 % de ce total. Cette dynamique alimente une industrie de l’armement particulièrement influente, dont les intérêts économiques pèsent sur les orientations stratégiques.

Cette situation rappelle l’avertissement formulé dès 1961 par Dwight D. Eisenhower dans son discours de départ : « Nous devons nous prémunir contre l’influence injustifiée du complexe militaro-industriel, qu’elle soit recherchée ou non ». Cette citation demeure centrale pour comprendre la relation étroite entre peur sécuritaire, décision politique et intérêts industriels. Elle souligne que la fabrication d’un climat d’urgence permanente peut favoriser des choix budgétaires difficilement réversibles.

En Europe, la multiplication des annonces sur le réarmement, la modernisation des forces et la préparation à des conflits de haute intensité s’inscrit dans ce cadre. Les gouvernements justifient ces orientations par la nécessité de garantir la souveraineté et la protection des populations. Cependant, la frontière entre anticipation responsable et dramatisation stratégique reste fragile. Une communication fondée sur l’urgence peut renforcer la cohésion nationale, mais elle peut aussi limiter l’espace du débat démocratique.

Les responsables politiques adoptent des positions différenciées. Certains insistent sur la nécessité d’une dissuasion crédible et d’un renforcement de l’autonomie stratégique européenne. D’autres soulignent l’importance de maintenir des capacités diplomatiques fortes et de privilégier la prévention des conflits. Les spécialistes en relations internationales rappellent, selon leurs analyses, que la sécurité durable repose autant sur la stabilité économique et sociale que sur la puissance militaire.

L’opinion publique, quant à elle, se trouve exposée à des messages parfois contradictoires. La peur agit comme un accélérateur émotionnel, capable de réduire la complexité des enjeux à des oppositions binaires. Cependant, elle peut aussi susciter une demande accrue de transparence et de responsabilité politique. Il reste à voir si les sociétés européennes parviendront à maintenir un équilibre entre vigilance sécuritaire et exigence démocratique.

En définitive, la peur apparaît comme une construction politique, économique et symbolique autant qu’une réaction rationnelle à des risques réels. Elle structure les choix budgétaires, oriente les alliances et façonne la perception des menaces. L’enjeu pour les années à venir sera de préserver une capacité collective d’analyse critique, afin que la sécurité ne soit pas définie uniquement par l’intensité des discours, mais par la solidité des faits et la cohérence des décisions publiques.


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