Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Phytothérapie et Compléments Alimentaires : Attention aux Interactions Médicamenteuses

Médicaments Courants Et Faux Sentiment De Sécurité

Retrouver Une Relation Consciente Au Soin

C’est suite à l’accident sévère, vécu par un ami, heureusement sans conséquences que m’est venu l’envie d’écrire cet article. En effet, il a été hospitalisé suite à un surdosage et à mélange inapproprié de compléments alimentaires et de médicaments contre l’hypertension.

Prendre un médicament pour soulager une douleur, faire tomber une fièvre ou mieux dormir semble souvent anodin. Dans nos vies pressées, le geste est devenu automatique, presque rassurant. Pourtant, derrière cette facilité apparente se cache une réalité plus nuancée : un médicament n’est jamais neutre, même lorsqu’il est familier, même lorsqu’il est en vente libre. Comprendre cette ambivalence n’a rien d’alarmiste. C’est au contraire une manière de reprendre confiance, en connaissance de cause, dans un outil thérapeutique précieux.

Les médicaments dits du quotidien occupent une place singulière. Le paracétamol, l’ibuprofène ou l’aspirine sont perçus comme des alliés fiables, accessibles, presque domestiques. Cette banalisation favorise une forme d’oubli : celle du contexte, de la dose, de la durée et des associations. Or, c’est précisément là que le risque peut apparaître. Le même produit qui soulage peut, dans certaines conditions, fragiliser un organe, déséquilibrer une fonction ou entraîner une hospitalisation évitable.

La pharmacologie rappelle une vérité fondamentale : chaque substance active agit sur des mécanismes biologiques complexes. Aucun médicament ne cible une seule fonction sans interagir, directement ou indirectement, avec d’autres systèmes. Les effets bénéfiques et indésirables obéissent à des logiques dose-dépendantes, variables selon l’âge, l’état de santé, le métabolisme ou les traitements déjà en cours. C’est ce fragile équilibre que l’on appelle la balance bénéfice-risque, au cœur de toute décision thérapeutique responsable.

Cette réalité n’est pas nouvelle. « Tout est poison, rien n’est poison : seule la dose fait le poison », écrivait Paracelse. Cette phrase, souvent citée, garde aujourd’hui une portée profondément actuelle. Elle rappelle que la dangerosité ne réside pas uniquement dans la substance elle-même, mais dans l’usage qui en est fait. Surdosage involontaire, cumul de médicaments contenant la même molécule, interaction avec des compléments alimentaires ou des plantes : les scénarios à risque sont rarement intentionnels. Ils naissent le plus souvent d’un manque d’information ou d’un excès de confiance.

Les conséquences peuvent être physiques, bien sûr : atteintes hépatiques, troubles digestifs, déséquilibres rénaux ou hémorragiques. Mais l’impact est aussi émotionnel. L’incompréhension face à un effet indésirable brutal peut générer peur, culpabilité et perte de confiance dans le système de soin. Il est pourtant essentiel de rappeler que ces situations ne traduisent pas une faute individuelle, mais un défaut de culture collective du médicament.

Prévenir ces risques ne signifie pas renoncer à l’autonomie, bien au contraire. L’autonomie éclairée repose sur quelques repères simples : lire attentivement les notices, éviter les associations hasardeuses, signaler systématiquement tout traitement ou complément pris, même naturel, et demander conseil en cas de doute. Le rôle des professionnel·le·s de santé, et en particulier des pharmacien·ne·s, est central. Leur expertise permet de repérer des incohérences, d’alerter sans dramatiser et d’accompagner sans juger.

Il est également important d’élargir le regard aux produits souvent perçus comme inoffensifs : phytothérapie, compléments alimentaires, tisanes. Naturel ne signifie ni doux ni sans interaction. Certaines plantes peuvent modifier l’efficacité d’un traitement ou en augmenter la toxicité. Là encore, l’enjeu n’est pas l’interdiction, mais la cohérence et la transparence.

Chaque parcours de santé est singulier. Il n’existe pas de règle universelle, seulement des principes de vigilance, d’écoute de soi et de dialogue. Consulter un·e professionnel·le lorsque quelque chose interroge ou inquiète n’est ni un aveu de faiblesse ni une perte de contrôle. C’est un acte de responsabilité envers son propre corps.

Retrouver une relation juste au médicament, c’est accepter sa puissance sans la craindre, le considérer comme un outil de soin et non comme un produit de consommation ordinaire. C’est aussi cultiver une forme de patience et de discernement dans un monde qui valorise l’immédiateté. Bien utilisé, le médicament soutient. Mal compris, il peut blesser. Entre ces deux pôles, il existe un chemin de connaissance, de confiance et de prudence partagée.


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