Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Euthanasie pour ou contre ?

La demande de Françoise Hardy, d’avoir droit à l’euthanasie m’a émue, et je me dois de la rejoindre pour faire en sorte que ce droit devienne une réalité. Je rejoins donc les 86 % de la population française en faveur de l’euthanasie, selon une étude menée par l’IFOP pour Pèlerin Magazine en septembre 2012.

Nous avons tous une position éthique face à ce que j’appellerais « la sacralité de la vie », je la perçois autour de moi utilisée autant par des laïcs que par des religieux. Pourtant, toujours avec une certaine « ferveur religieuse » ou «  hippocratique » qui m’indispose parce qu’elle suppose que mon existence ne m’appartient pas en propre, qu’elle appartient à Dieu et que je ne saurais en disposer pour faire mes choix de vie.

Les religions actuellement sont incapables d’apporter des réponses éthiques adéquates, leur révérence pour la vie et la sacralité de cette même vie relèvent d’une expérience interne qui précède toute religion et ne sont que la conséquence de la sensation de crainte et de vénération.

Toute déontologie pose à priori une valeur ultime de caractère obligatoire et universel, elle doit juger l’intention et dans ce cas, « la sacralité de la vie » s’oppose à la dignité de l’humain inaliénable et incorruptible.

Je milite pour ma part pour remplacer une « éthique de la sacralité de la vie » par une « éthique de la qualité de la vie ». Je ne me limite pas à une justification de la légitimité de la sacralité de la vie, je fais la distinction entre « personne » et « être humain » (ou la distinction entre « avoir une vie » et « être en vie »), seule une personne (c’est-à-dire seul quelqu’un qui possède des préférences, des projets, des désirs) peut posséder une vie valant la peine d’être vécue, et c’est cette sorte de vie qui doit être considérée.

En partant du principe que ce sont les conséquences d’une action donnée qui doivent constituer la base de tout jugement moral de ladite action, une action moralement juste est une action dont les conséquences sont bonnes, le bien considéré est objectif. « Bonheur de l’entourage, moindre frais pour la société… » ou alors estimé à mesure de la satisfaction personnelle d’une préférence rationnelle.

Ainsi, il peut être dans l’intérêt du malade de souhaiter son suicide assisté. C’est donc son droit, toutefois, on ne peut prétendre faire préjudice à un patient s’il n’est pas contre son intérêt de mourir dès lors qu’il n’est plus capable de préférences rationnelles exprimables.

J’ai rejoint l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité qui milite pour que chaque Française et chaque Français choisisse les conditions de sa propre fin de vie dont la devise est : « Il n’y a pas de principe supérieur dans notre République qui oblige les patients en fin de vie à vivre leurs souffrances jusqu’au bout. »

La loi du 2 février 2016 en faveur des malades et des personnes en fin de vie a prévu que les directives anticipées, « révisables et révocables à tout moment et par tout moyen », « s’imposent au médecin pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement, sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale. »

La dignité, c’est « choisir librement la façon de terminer sa vie, pour la vivre jusqu’à la fin dans les conditions les meilleures » (Extrait de l’article 1 des statuts de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité).

Pour ce qui est de ma personne, je suis pour l’euthanasie active, passive, indirecte, directe, voulue et sans volonté.


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